Doëtte Angliviel

Automne roux

Automne roux, automne rouge, automne amer

Aux yeux de cuivre, à la main chaude, aux lourdes lèvres,

Frère de cet amour, beau péché de ma chair,

Dont j'accepte sans geste et sans lutte la fièvre.

Venez. Que la saveur de votre bouche soit

Comme l'âpre baiser dont la mienne est gourmande,

Que je retrouve dans le goût de votre offrande

Celui du rêve auqul je bois depuis des mois.

Que je cache parmi mes boucles dénouées

Mon grand front paraphé de songe et désir,

Et, de réveiller mon jeune souvenir,

Leur âcre odeur de feuilles mortes soit louée.