Nicolas Boileau

Chant I

L'Art poétique

Notre siècle est fertile en sots admirateurs ;

Et, sans ceux que fournit la ville et la province,

Il en est chez le duc, il en est chez le prince.

L’ouvrage le plus plat a, chez les courtisans,

De tout temps rencontré de zélés partisans ;

Et, pour finir enfin par un trait de satire.

Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire.