Paul Éluard

A droite

A droite je regarde dans les plus beaux yeux

A gauche entre les ailes aveugles de la peur

A droite à jour avec moi-même

A gauche sans raison aux sources de la vie.

 

J’écoute tous les mots que j’ai su inspirer

Et qui ne sont plus à personne

Je partage l’amour qui ne me connaît pas

Et j’oublie le besoin d’aimer.

Mais je tourne la tête pour reprendre corps

Pour nourrir le souci mortel d’être vivant

La honte sur un fond de grimaces natales.