Auguste Angellier
Me voici sur les monts aux flancs étincelants,Où la neige d’argent étage ses terrassesDans l’air de bleu cristal, où les glaciers croulantsEntr’ouvrent les azurs pâles de leurs crevasses ;Vous fleurissez ici, dryades, pavots blancs,Gentianes, daphnés, saxifrages tenaces,Soldanelles, safrans, doux cyclamens tremblants,Renoncules d’or clair, astrances, androsaces !O virginales fleurs alpestres, chastes fleurs,Qui vivez dans le roc de neige et de lumière,Qui faites du reflet des glaciers vos couleurs,Ou des plus hauts rayons dont le monde s’éclaire,Allez, et portez-lui dans vos faibles senteursL’âme pure qui rêve au sommet de la terre !