Rosemonde Gérard

La trêve

Les Pipeaux

 

Les maîtres du château sont absents, — et les cors

Ne font plus sous les bois leur sonore fanfare.

Plus de galop brutal, de cheval qui s’effare

Froissant les églantiers en fleurs, et les dix-cors

 

Pensent le temps fini des chasses meurtrières.

C’est la trêve pour les chevreuils et pour les daims ;

Ils se sentent chez eux, comme dans leurs jardins,

Et ne redoutent plus le grand jour des clairières.

 

Entre les églantiers de roses pavoisés

La biche veille en paix le petit faon qui broute.

Sans fuir au moindre pas et presque apprivoisés,

 

N’entendant plus le cor qui les met en déroute,

Les cerfs tout enhardis quittent les coins boisés, —

Et parfois l’un d’entre eux se couche sur la route.