Lucie Delarue-Mardrus

Bercement pour ma sieste

La Figure de proue

L’été pousse sur nous, du fond de l’Orient,

Son étincelante marée.

Que tes rideaux soient clos sur le dehors brillant,

Et que ta sieste soit comme une mort dorée.

 

L’ombre chaude est sur toi. Tes colliers sont éteint.

Prends ta nuque dans tes mains vides ;

Endors-toi dans tes ongles teints,

Le front rose et les pieds livides.

 

Laisse soyeusement épouser ton contour

Tes deux robes asiatiques,

Et panteler encore un souvenir d’amour

Dans tes narines pathétiques.

 

Dors. Je veux qu’un sommeil tellement merveilleux

Pénètre tes veines bleuâtres

Que tu sentes tomber lourdement sur tes yeux

Les paupières de Cléopâtre…