Arthur Rimbaud

Mémoire

Poésies

Jouet de cet œil d’eau morne, je n’y puis prendre,

Ô canot immobile ! ô bras trop courts ! ni l’une

Ni l’autre fleur : ni la jaune qui m’importune,

Là ; ni la bleue, amis, à l’eau couleur de cendre.

 

Ah ! la poudre des saules qu’une aile secoue !

Les roses des roseaux dès longtemps dévorées !…

Mon canot toujours fixe ; et sa chaîne tirée

Au fond de cet œil d’eau sans bords — à quelle boue ?