Georges Rodenbach

Les miroirs, par les jours abrégés des décembres

Les miroirs, par les jours abrégés des décembres,

Songent-telles des eaux captives-dans les chambres,

Et leur mélancolie a pour causes lointaines

Tant de visages doux fanés dans ces fontaines

Qui s'y voyaient naguère, embellis du sourire !

 

Et voilà maintenant, quand soi-même on s'y mire,

Qu'on croit y retrouver l'une après l'autre et seules

Ces figures de soeurs défuntes et d'aïeules

Et qu'on croit, se penchant sur la claire surface,

Y baiser leurs fronts morts, demeurés dans la glace !