Amable Tastu
Pourtant le cœur fidèle à ces jours d’espérance,
De leurs momens de joie et même de souffrance
Ne veut rien livrer à l’oubli :
Des maux qui ne sont plus l’amertume s’efface,
Et quand la main du temps en adoucit la trace,
Le malheur est presque embelli.
Ainsi, durant le cours d’un rapide voyage,
Chaque site en fuyant, ou fertile, ou sauvage,
D’attraits nouveaux semble paré ;
Et les monts qu’au matin on gravit avec peine,
Le soir charment nos yeux, quand la vapeur lointaine
Y jette son voile azuré.