Marie Huot

Le fantôme

Le Missel de Notre-Dame des Solitudes

Dans l'alcôve d'amour, où notre messe sainte

Se célébrait sur la blancheur d'un reposoir,

Derrière les rideaux parfumés de jacinthe,

Dans la pudeur de l'aube et la pâleur des soirs,

 

Brusquement, je me suis toute sentie éteinte,

Et quelque chose en moi de funèbre et de noir

S'est levé, sans un bruit, immobile, hors d'atteinte

Quelqu'un nous regardait que je ne pouvais voir.

 

L'Invisible entre nous lentement vint s'étendre...

Et j'entendais parmi le vol des baisers tendres,

Mon cœur, pauvre enfant seul, sangloter dans un coin.

 

Et vous qui me sentiez autre, froide et très loin,

Vous avez, irrité, frappé l'oreiller moite...

Alors j'ai vu surgir mon âme, toute droite !