Auguste Lacaussade

Aux hirondelles

De l’aile effleurant mon visage,

Volez, doux oiseaux de passage,

Volez sans peur tout près de moi !

Avec amour je vous salue ;

Descendez du haut de la nue,

Volez, et n’ayez nul effroi !

 

Des mois d’or aux heures légères,

Venez, rapides messagères,

Venez, mes sœurs, je vous attends !

Comme vous je hais la froidure,

Comme vous j’aime la verdure,

Comme vous j’aime le printemps !

 

Vous qui des pays de l’aurore

Nous arrivez tièdes encore,

Dites, les froids vont donc finir !

Ah ! contez-nous de jeunes choses,

Parlez-nous de nids et de roses,

Parlez-nous d’un doux avenir !

 

Parlez-moi de soleil et d’ondes,

D’épis flottants, de plaines blondes,

De jours dorés, d’horizons verts ;

De la terre enfin réveillée,

Qui se mourait froide et mouillée

Sous le dais brumeux des hivers.