Gérard de Nerval

Pensée de Byron

Par mon amour et ma constance

J’avais cru fléchir ta rigueur,

Et le souffle de l’espérance

Avait pénétré dans mon cœur ;

Mais le temps, qu’en vain je prolonge

M’a découvert la vérité,

L’espérance a fui comme un songe…

Et mon amour seul m’est resté !

 

Il est resté comme un abîme

Entre ma vie et le bonheur,

Comme un mal dont je suis victime,

Comme un poids jeté sur mon cœur !

Dans le chagrin qui me dévore,

Je vois mes beaux jours s’envoler…

Si mon œil étincelle encore

C’est qu’une larme en va couler !