Amable Tastu
Et cependant je ne vois rien encore ;
De toutes parts je jette en vain les yeux ;
J’éveille en vain dans sa grotte sonore
L’écho sacré des bois religieux.
Ma Lyre, hélas ! si tu n’es pas brisée,
Si tu peux fuir les pas du voyageur,
Dans les gazons la nocturne rosée
A tes accents ravira leur douceur.
Un jour peut-être, à mes désirs rendue,
D’un poids rouet tu chargeras mes mains ;
Et moi, pleurant ta puissance perdue,
Du mont sacré j’oublîrai les chemins.
Vierges du Pinde, où cachez-vous ma Lyre ?
Elle n’est point aux sentiers que j’aimais.
De son destin ne sauriez-vous m’instruire ?
M’est-elle donc enlevée à jamais ?…