Louis-Honoré Fréchette

Novembre

Jours de deuil ! Plus de nids sous le feuillage vert ;

Les chantres de l'été désertent nos bocages ;

On n'entend que le cri de l'oiseau dans les cages,

Avec les coups de bec sonores du pivert.

 

De jaunissants débris le gazon s'est couvert ;

Les grands boeufs tristement reviennent des pacages ;

Et la sarcelle brune, au bord des marécages,

Prend son essor pour fuir l'approche de l'hiver.

 

Aux arbres dépouillés la brise se lamente ;

A l'horizon blafard, l'aile de la tourmente

Fouette et chasse vers nous d'immenses oiseaux gris...

 

Des passants tout en noir gagnent le cimetière ;

Suivons-les, et donnons notre pensée entière,

Pour un instant, à ceux que la mort nous a pris.