Paul Éluard

Au hasard

Capitale de la douleur

Au hasard une épopée, mais bien finie maintenant,

Tous les actes sont prisonniers

D'esclaves à barbe d'ancêtre

Et les paroles coutumières

Ne valent que dans leur mémoire.

 

Au hasard tout ce qui brûle, tout ce qui ronge,

Tout ce qui use, tout ce qui mord, tout ce qui tue,

Mais ce qui brille tous les jours

C'est l'accord de l'homme et de l'or,

C'est un regard lié à la terre.

 

Au hasard une délivrance,

Au hasard l'étoile filante

Et l'éternel ciel de ma tête

S'ouvre plus large à son soleil,

À l'éternité du hasard.