Eudore Évanturel

Obsèques

Premières poésies

Cloches, tintez dans le ciel terne,

Et pleurez sur mon triste sort.

Les pavillons sont mis en berne :

Mon cœur est mort ! mon cœur est mort !

 

Dix fois tué par toi, cruelle,

Adieu, mon pauvre cœur s’en va.

En noir les murs de la chapelle !

Dies irae, dies illa.

 

L’orgue dans l’église soupire,

Gémit et se plaint par moment.

Mignonne, on ne doit pas sourire :

C’est le jour d’un enterrement.

 

La foule en noir, ces funérailles,

Égayent ton rire enfantin.

— Mais parions que tu tressailles,

Sous ton corsage de satin !