Alphonse de Lamartine

L'Automne

Méditations Poétiques

Ainsi prêt à quitter l’horizon de la vie,

Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,

Je me retourne encore, et d’un regard d’envie

Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui !

 

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,

Je vous dois une larme, aux bords de mon tombeau ;

L’air est si parfumé ! la lumière est si pure !

Aux regards d’un mourant le soleil est si beau !

 

Je voudrois maintenant vider jusqu’à la lie

Ce calice mêlé de nectar et de fiel !

Au fond de cette coupe où je buvois la vie,

Peut-être restoit-il une goutte de miel ?