Amable Tastu
Connaissez-vous ces bords qu’arrose la Baltique,
Et dont les souvenirs, aimés du Barde antique,
Ont réveillé la harpe amante des torrents ?
Connaissez-vous ces champs qu’un long hiver assiège,
L’orgueil des noirs sapins que respecte la neige,
Ces rocs couverts de mousse et ces lacs transparents ?
D’un rapide printemps la fugitive haleine
Y ranime en passant et les monts et la plaine ;
Un prompt été le suit, et, prodigue de feux,
Se hâte de mûrir les trésors qu’il nous donne ;
Car l’hiver menaçant laisse à peine à l’automne
Le temps de recueillir ses présents savoureux.