Maurice Maeterlinck

Désirs d'hiver

Serres chaudes

Je pleure les lèvres fanées

Où les baisers ne sont pas nés,

Et les désirs abandonnés

Sous les tristesses moissonnées.

 

Toujours la pluie à l’horizon !

Toujours la neige sur les grèves !

Tandis qu’au seuil clos de mes rêves,

Des loups couchés sur le gazon,

 

Observent en mon âme lasse,

Les yeux ternis dans le passé,

Tout le sang autrefois versé

Des agneaux mourants sur la glace.

 

Seule la lune éclaire enfin

De sa tristesse monotone,

Où gèle l’herbe de l’automne,

Mes désirs malades de faim.