Alfred De Musset

La nuit d'Août - V

Poésies Nouvelles (1836 - 1852)

la muse.

 

Et que trouveras-tu, le jour où la misère

Te ramènera seul au paternel foyer ?

Quand tes tremblantes mains essuieront la poussière

De ce pauvre réduit que tu crois oublier, —

De quel front viendras-tu, dans ta propre demeure,

Chercher un peu de calme et d’hospitalité ?

Une voix sera là, pour crier à toute heure :

Qu’as-tu fait de ta vie et de ta liberté ?

Crois-tu donc qu’on oublie autant qu’on le souhaite ?

Crois-tu qu’en te cherchant tu te retrouveras ?

De ton cœur ou de toi lequel est le poëte ?

C’est ton cœur, et ton cœur ne te répondra pas.