Iwan Gilkin

Le mépris

Que douce est la douceur que donne un doux mépris !

Pour la faute et le crime il est plein d’indulgence ;

Il dédaigne l’insulte et laisse la vengeance

Au cœur vulgaire atteint par les coups et les cris.

 

Ni crainte ni dégoût ! Sur les plus vils débris,

Dans les plus fiers palais grouille une même engeance.

Il faut tout pardonner, puisque l’intelligence

Plaint en le méprisant le mal qu’elle a compris.

 

Mépris, divin mépris, tu peux sauver le monde !

Il ne sait ce qu’il fait ! Répands sur lui ton onde,

Ô source de pitié, de grâce et de bonté !

 

Oui, l’Amour est ton frère et ta sœur est la Force ;

Tu marches au martyre avec sérénité

Et les croix t’ont caché sous leur sanglante écorce.