Auguste Barbier

Raphaël

Salut, ô Raphaël ! salut, ô frais génie !

Jeune homme plein de grâce et de sérénité,

En tous lieux où l’on aime et l’on sent la beauté

Que ton nom soit loué, que ta main soit bénie !

 

Salut, douce candeur à la pâleur unie,

Ovale aux cheveux bruns sur un beau col monté,

Cygne mélancolique, enfant de volupté,

Toujours prêt à chanter l’amour ou l’harmonie ;

 

Salut ! Ah ! Raphaël, on a beau fuir tes yeux

Et les doux airs penchés de ton front gracieux,

On ne peut oublier ton image chérie :

 

Toujours on te revoit, lys aux chastes couleurs,

Comme un ange accoudé sur des touffes de fleurs,

Ou comme un autre enfant de la vierge Marie.