Amable Tastu

Rêverie

Alors que sur les monts l’ombre s’est abaissée,

Des jours qui ne sont plus s’éveille la pensée ;

Le temps fuit plus rapide, il entraîne sans bruit

Le cortège léger des heures de la nuit.

Un songe consolant rend au cœur solitaire

Tous les biens qui jadis l’attachaient à la terre,

Ses premiers sentiments et ses premiers amis,

Et les jours de bonheur qui lui furent promis.

Calme d’un âge heureux, pure et sainte ignorance,

Amitié si puissante, et toi, belle"espérance,

Doux trésors qui jamais ne me seront rendus,

Ah ! peut-on vivre encore et vous avoir perdus !