Amable Tastu
C’était d’un jour serein la fraîche matinée,
Mai de ses dons rians parait la jeune année ;
A l’appel des parfums dans les airs répandus,
L’abeille reprenait ses travaux suspendus ;
La brise printanière agitait les feuillages,
Sur la face du ciel chassait de blancs nuages,
Glissait sur les gazons, sifflait dans les détours
Des murs irréguliers et des massives tours,
Et, caressant l’orgueil de leurs têtes altières,
Faisait flotter au loin les royales bannières.
Le luxe du printemps, la verdure des cours,
Où la mousse a jeté ses tapis de velours,
Le petit cri joyeux de la vive hirondelle,
Des palais délaissés habitante fidèle,
Ni ce soleil brillant, précurseur de l’été,
N’égayaient de ces lieux la vieille majesté.