Alfred De Musset

Lorsque la coquette Espérance

Poésies Nouvelles (1836 - 1852)

Lorsque la coquette Espérance

Nous pousse le coude en passant,

Puis à tire-d’aile s’élance

Et se retourne en souriant ;

 

Où va l’homme ? où son cœur l’appelle.

L’hirondelle suit le zéphyr,

Et moins légère est l’hirondelle

Que l’homme qui suit son désir.

 

Ah ! fugitive enchanteresse,

Sais-tu seulement ton chemin ?

Faut-il donc que le vieux Destin

Ait une si jeune maîtresse !