Charles van Lerberghe

Vers le soleil s'en vont ensemble

Vers le soleil s'en vont ensemble

Mes pensées, divines soeurs.

Elles chantent ; l'air pâle en tremble

Comme s'il y tombait des fleurs.

 

Une s'attarde la dernière,

Tristement, au bord du chemin

D'où monte l'âme du matin

Et la rosée à la lumière.

 

Celle-là qui s'évanouit,

Au fond de ses larmes mortelles,

Ne chante pas, mais c'est par elles

Que le soleil l'attire à lui.