Paul Verlaine

J’allais par des chemins perfides

J’allais par des chemins perfides,

Douloureusement incertain.

Vos chères mains furent mes guides.

 

Si pâle à l’horizon lointain

Luisait un faible espoir d’aurore ;

Votre regard fut le matin.

 

Nul bruit, sinon son pas sonore,

N’encourageait le voyageur.

Votre voix me dit : « Marche encore ! »

 

Mon cœur craintif, mon sombre cœur

Pleurait, seul, sur la triste voie ;

L’amour, délicieux vainqueur,

 

Nous a réunis dans la joie.