Marcel Dugas

Arabesques

Paroles en liberté

La naïve espérance bat des ailes, joue dans l'azur, flotte

comme un bouchon parfumé sur l'espace stellaire, revient sur

elle-même, puis redescend, dépouillée de ses voiles, pose un

pied sur terre et s'évanouit.

Vous savez bien qu'un jour il faudra dire adieu au soleil, à

la joie, à cette terre ployante de désirs et de fruits.

Vous savez bien que le cri de votre chair n'ira plus

frapper la nuit résonnante comme un métal.

Vous savez bien que nos mains se déprendront à jamais.

Vous savez bien que nos lèvres n'exhaleront plus le chant

de l'amour.

Et que nos corps, bernés, inertes, gonflés de néant, iront

dormir dans la poussière.