Albert Lozeau

Le matin

Matin de lent brouillard monotonement gris.

Les arbres bourgeonnants se dressent amaigris

Et vagues, comme s'ils étaient l'ombre d'eux-mêmes.

Le cercle rétréci des froids horizons blêmes

Etreint, comme un collier prodigieux de bras,

Les toits mouillés et nus qui se tassent en bas.

Le vent brusque renverse aux maisons embrumées

Le panache mouvant des légères fumées.

Et du gris sur du gris comme une cendre pleut -

Et pris d'un vain regret de soleil et de bleu,

Je rêve, le front triste et lourd de somnolence,

Que l'azur en l'espace élargi recommence -.