Louisa Siefert

Hier

Rayons perdus

Rose comme une fleur de pommier au printemps,

Sous son petit bonnet de batiste empesée,

Naïve, confiante & de tout amusée,

Les yeux toujours emplis de beaux regards contents,

 

La lèvre toujours prête aux rires éclatants

Qui s’envolent au ciel ainsi qu’une fusée,

L’apprenti à son tour passe sous ma croisée

Au bras de son promis, beau garçon de vingt ans !

 

Dans sa petite main, une main qui travaille,

Elle tient un bouquet noué d’un brin de paille,

Qu’ils sont allés cueillir dans les champs reverdis.

 

Tout poudreux, tout hâlés, regagnant leurs taudis,

Ils se sentent légers comme les fleurs qu’ils sèment

Au vent sur leur passage : ils sont heureux, ils s’aiment !