Marie Krysinska

Le portrait

Joies errantes

Bien-aimé visage jauni

Par le temps ! —

À lourdes gouttes, s’égouttant

Sur mon ennui —

Tant d’années déjà passées

Sur ce deuil inapaisé !

 

La main fidèle de l’artiste

A fixé dans ce cadre étroit

Un peu de ton charme triste

Et, vivante, je te revois.

 

Avec la douceur calme de ta présence

Et le sortilège de ta voix et sa toute-puissance

Pour endormir les peines puériles

Par où la vie commence.

 

Il me semble, ô chère Apparue !

Que l’or de ce cadre est la fenêtre ouverte

Sur le pays béni, habité

Par les Ombres saintes,

 

Et que tu t’arrêtes là, émue,

Vers ton enfant attirée

Par la pitié.