Alfred Garneau

La maison

Jolie est la maison au grand clair de l’aurore.

Quelques arbres trapus mais que leur fruit décore

Caressent de leur ombre un seuil hospitalier.

Ici l’oiseau, malgré son nid, est familier.

Un chantait tout à l’heure à ma fenêtre ouverte,

Comme un futur ami venant en découverte.

Des vols de papillon m’ont conduit au jardin :

Fleurs du plus riche ivoire, ou lavé de carmin !

 

À côté maintenant de mon Musset repose

Dans un verre limpide une pivoine rose.

Plus pâle, tu parais plus belle, ô noble fleur.

Comme toi, ce poète est beau dans la douleur...