Louis-Honoré Fréchette

Le rêve de la vie

A vingt ans, poète aux abois,

Quand revenait la saison rose,

J'allais promener sous les bois

Mon coeur morose.

 

A la brise jetant, hélas !

Le doux nom de quelque infidèle,

Je respirais les frais lilas

En rêvant d'elle.

 

Toujours friand d'illusions,

Mon coeur, que tout amour transporte,

Plus tard à d'autres visions

Ouvrit sa porte.