Eudore Évanturel

À vingt ans

Premières poésies

L'avoir connue au bal, et s’être assis près d’elle,

Dans un coin, et l’avoir trouvée enfin bien belle,

Sans oser cependant regarder dans ses yeux ;

Avoir longtemps senti l’odeur de ses cheveux

Qui, tombés sur son cou, flottaient à l’aventure ;

L’avoir, après le bal, reconduite en voiture,

Sans parler, pour ne pas tomber à ses genoux ;

 

Et puis, le lendemain, aller au rendez-vous

Qu’elle a promis, le cœur tout palpitant de joie ;

La distinguer de loin, à sa robe de soie,

À ses cheveux châtains qui brillent au soleil :

 

On est au paradis dans un moment pareil !