Doëtte Angliviel

Les statues

Jeux divins au clair de lune!

Chacune danse et vire, grise,

Puis, en une pose opportune,

Se donne au baiser de la brise.

 

L'une a des gestes de Victoire

Dédiant ses seins à l'espace,

L'autre enlace d'un bras d'ivoire

Le balustre de la terrasse.

 

Laissant flotter sa chevelure

Si longue au fil de l'eau fuyante

La troisième dans sa ceinture

Tord de vertes touffes de menthes.

 

Et la plus jeune, la plus belle,

Svelte et blonde comme une abeille,

Semble appeler des tourterelles

Dans ses bras ouverts en corbeilles.

 

Et l'eau tranquille, bleue et calme,

Poète émerveillée dévoile,

Entre deux battements de palmes

Leurs gestes tendres aux étoiles.