Lucie Delarue-Mardrus

Fatigue

Horizons

J’écoute au loin gronder la nuit noire et le vent…

Je voudrais n’être plus ce furieux amant,

Ce sombre et dur penseur ; n’être rien qu’une femme,

— Sans tout ce halètement de l’âme, —

Qui aime, sourit et rêve simplement.

 

Quand tiendrai-je ma tête entre mes mains tranquilles

Sans la sentir éclater d’orgueil,

De révolte ou d’épouvante,

Sans la sentir plus lourde à porter qu’une ville ?

 

J’écoute au loin gronder la nuit noire et le vent…

— Ah ! ne plus rien savoir de ce cœur décevant,

M’arracher du Souci, du Songe, du Baiser,

Me reposer ! Me reposer !