François Coppée

J’écris ces vers, ainsi qu’on fait des cigarettes

J’écris ces vers, ainsi qu’on fait des cigarettes,

Pour moi, pour le plaisir ; et ce sont des fleurettes

Que peut-être il valait bien mieux ne pas cueillir ;

Car cette impression qui m’a fait tressaillir,

Ce tableau d’un instant rencontré sur ma route,

Ont-ils un charme enfin pour celui qui m’écoute ?

Je ne le connais pas. Pour se plaire à ceci,

Est-il comme moi-même un rêveur endurci ?

Ne peut-il se fâcher qu’on lui prête ce rôle ?

Fi donc ! lecteur, tu lis par-dessus mon épaule.