Marie Huot

Messalina

Le Missel de Notre-Dame des Solitudes

À Alfred Jarry.

 

Hoquetant des baisers et des caresses grasses

Des durs centurions et des lourds portefaix,

La paupière cernée et les cheveux défaits,

Je sors du bouge infâme avec d'ignobles traces.

 

Hier j'y fus quêtant Eros qui me fuyait,

Et je fis à Priape offrande de ma grâce ;

J'y reviendrai demain, plus avide et plus lasse,

Cherchant cet inconnu que mes quinze ans priaient...

 

Celui-là dont jamais je n'ai vu le visage

Et qui m'est fiancé depuis l'aube des âges...

Cependant il existe en un pays... des temps !...

 

Car, dans un songe heureux que je fais aux augures,

Il m'a prise en ses bras, vierge, amoureuse et pure,

Et nos corps s'allongeaient sur un nuage blanc...