Adolphe Hardy

Mars

Dans l’air glacé du soir de cette fin d’hiver,

Cinglé dru par la grêle au fouet grenu de fer

Et mordu par la dent hargneuse du vent rauque,

Un saule en joie exulte, au bord de l’étang glauque...

Comment est-il si gai, le bon saule, et pourquoi,

Sous le duvet de ses chatons, ce rose émoi ?

Ah ! c’est qu’il vient d’entendre, entre deux giboulées,

Le merle, avant-coureur du terme des gelées,

Resiffler l’air d’antan sur son vieux tronc bruni,

En y marquant, déjà, la place de son nid !