Paul Éluard

Mouillé

Premiers Poèmes (1913-1921)

La pierre rebondit sur l’eau,

La fumée n’y pénètre pas.

L'eau, telle une peau

Que nul ne peut blesser,

Est caressée

Par l'homme et par le poisson.

Claquant comme corde d'arc.

Le poisson, quand l’homme l’attrape,

Meurt, ne pouvant avaler

Cette planète d’air et de lumière.

Et l’homme sombre au fond des eaux

Pour le poisson

Ou pour la solitude amère

De l’eau souple et toujours close.