Jean-Joseph Rabearivelo

Toutes les saisons sont abolies

Traduit de la nuit

Toutes les saisons sont abolies

dans ces zones inexplorées,

qui occupent la moitié du monde

et la parent de floraisons inconnues

et de nul climat.

 

Poussée de sang végétal provisoire

dans un enchevêtrement de lianes ténébreuses

où est captif tout élan de branches vives.

Déroute d’oiseaux devenus étrangers

et ne reconnaissant plus leur nid,

puis heurts d’ailes — éclairs —

contre des rochers de brume

surgis du sol

qui n’est ni chaud ni froid

comme la peau de ceux qui s’étendent

loin de la vie et de la mort.