Iwan Gilkin

Fleurs humaines

Sur l’eau d’ébène et d’améthyste

Comme de larges nénufars,

Les yeux tournés vers le ciel triste,

Flottent des visages blafards.

 

Leurs tiges molles et charnues

Sortent, comme des serpents verts,

Du fond des vases inconnues

Où grouillent des monstres divers.

 

Têtes d’amour, têtes mystiques,

Têtes de rêve et de douleur,

Têtes sublimes et tragiques,

Têtes d’adolescence en fleur,

 

Toutes pâlissent et se meurent

Et, regardant le ciel sans fin,

Leurs yeux inconsolables pleurent

La fange où naquit leur destin.