Auguste Lacaussade

Aux hirondelles

L’hiver, c’est le deuil de la terre !

Les arbres n’ont plus leur mystère ;

Oiseaux et bardes sont sans toits ;

Une bise à l’aile glacée

A nos fronts tarit la pensée,

Tarit la sève au front des bois.

 

Le ciel est gris, l’eau sans murmure,

Et tout se meurt ; sur la nature

S’étend le linceul des frimas.

Heureux, alors, sur d’autres plages,

Ceux qui vont chercher les feuillages

Et les beaux jours des beaux climats !

 

O très heureuses hirondelles !

Si comme vous j’avais des ailes,

J’irais me baigner d’air vermeil ;

Et, loin de moi laissant les ombres,

Je fuirais toujours les cieux sombres

Pour toujours suivre le soleil !