Georges Rodenbach

Quand on rentre chez soi, délivré de la rue

Quand on rentre chez soi, délivré de la rue,

Aux fins d'automne où, gris cendré, le soir descend

Avec une langueur qu'il n'a pas encore eue,

La chambre vous accueille alors tel qu'un absent...

 

Un absent cher, depuis longtemps séparé d'elle,

Dont le visage aimé dormait dans le miroir ;

Ô chambre délaissée, ô chambre maternelle

Qui, toute seule, eût des tristesses de parloir.

 

Mais pour l'enfant prodigue elle n'a que louanges...

L'ombre remue au long des murs silencieux :

C'est le soir nouveau-né qui bouge dans ses langes ;

Les lampes doucement s'ouvrent comme des yeux,