Iwan Gilkin

Anatomie

Dans la rue, au théâtre, au bal, je décompose

Les visages. Toujours j’y retrouve le Mal,

Qui sous les teints cuivrés, la graisse ou la chlorose

Découpe en grimaçant un profil d’animal.

 

La brute qui végète au fond de l’âme, impose

Au galbe lentement son rictus bestial ;

L’être humain se dissout et se métamorphose

En chien, en bouc, en porc, en hyène, en chacal.

 

L’Avarice, le Vol, la Ruse et la Luxure,

Sous le faux vernis des civilisations

Trahissent lâchement notre ignoble nature ;

 

Les muscles vigoureux et les carnations

Superbes font aux os d’inutiles toilettes,

Où transparaît l’horreur intime des squelettes.