Louisa Siefert

Crépuscule

Rayons perdus

Je ne puis résister à la mélancolie

De la feuille qui tombe & du jour qui s’en va ;

À ce moment, en moi quelque chose se plie,

Quelque chose de fier qui souffrit & rêva.

 

Cette feuille qui tombe & qu’à jamais oublie

L’arbre, auquel tout à l’heure un souffle l’enleva,

Ce jour déjà mourant qui lutte & s’humilie

Comme un proscrit blessé que le ciel réprouva,

 

Cette feuille, ce jour, cet oubli, tout m’attriste.

Une seule pensée en mon esprit subsiste,

Qui me dit : c’est l’hiver ! qui me dit : c’est la nuit !

 

Demain, cieux & forêts rajeuniront encore…

Mais à la feuille morte, à l’heure qui s’enfuit,

Hélas ! qui parlera de printemps ou d’aurore ?…