Tristan Corbière

Sonnet de nuit

Les Amours jaunes

Ôcroisée ensommeillée,

Dure à mes trente-six morts !

Vitre en diamant, éraillée

Par mes atroces accords !

 

Herse hérissant rouillée

Tes crocs où je pends et mords !

Oubliette verrouillée

Qui me renferme… dehors !

 

Pour Toi, Bourreau que j’encense,

L’amour n’est donc que vengeance ?…

Ton balcon : gril à braiser ?…

 

Ton col : collier de garotte ?…

Eh bien ! ouvre, Iscariote,

Ton judas pour un baiser !