Louisa Siefert

Amour

Rayons perdus

Ô rêves de jeunesse, éblouissant mirage,

Qui vous arrachera de mon cœur éperdu ?

Qu’étaient donc ma raison, ma force, mon courage,

Qu’ils aient fui pour un mot dans la nuit entendu ?

 

Amour ! oh ! c’est bien toi dont j’ai senti la flamme,

Toi qui fais mon souci, toi qui fais mon effroi !

Ton souffle impérieux a passé sur mon âme ;

Je tremble, je supplie, oh ! que veux-tu de moi ?

 

Qu’on ne me parle plus d’aurore ou de rosée,

De chansons au matin, d’astres au firmament ;

Laissez-moi, par pitié, j’aime, je suis brisée,

Et j’ai tout oublié pour ce cruel tourment.

 

Mais quoi ! je pleure encor ? Oh ! l’amour, c’est la vie,

Le bien, le beau, le grand, la foi, la vérité ;

C’est Dieu même qui parle & soudain nous convie

À jouir tout vivants de l’immortalité !

 

Écoutez, écoutez : j’aime, je suis aimée,

Je puis vaincre la mort & braver l’inconnu ;

Mon ciel était obscur, mon âme était fermée ;

Voici : le jour s’est fait & l’amour est venu !