Antoinette Des Houlières

Tyran dont tout se plaint, tyran que tout adore

Tyran dont tout se plaint, tyran que tout adore,

Amour, impitoyable Amour,

Donne quelque relâche au mal qui me dévore

Et la nuit et le jour.

Fais, pour me soulager, que mon aimable Alcandre

Devienne un peu plus tendre ;

Va porter dans son sein cette bouillante ardeur,

Ces violens transports, cette langueur extrême,

Dont tu remplis mon triste cœur

Depuis l’heureux moment qu’il aime.

Ne crains pas que tes soins soient mal récompensés :

Mon Alcandre connaît ta puissance suprême.

Il aime ; mais, hélas ! il n’aime pas assez.