Tristan Corbière

Petit mort pour rire

Les Amours jaunes

Va vite, léger peigneur de comètes !

Les herbes au vent seront tes cheveux ;

De ton œil béant jailliront les feux

Follets, prisonniers dans les pauvres têtes…

 

Les fleurs de tombeau qu’on nomme Amourettes

Foisonneront plein ton rire terreux…

Et les myosotis, ces fleurs d’oubliettes…

 

Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes

Pour les croque-morts sont de simples jeux,

Boîtes à violon qui sonnent le creux…

Ils te croiront mort — Les bourgeois sont bêtes —

Va vite, léger peigneur de comètes !